Clara Pichon et l’entraînement sur Zwift avant L’Étape du Tour : partir tard, avancer vite
Clara Pichon n’a pas grandi avec un dossard épinglé sur le maillot. Le vélo est arrivé tard, en septembre 2023, presque par hasard. Un choix pratique d’abord : éviter les bouchons en ville et gagner du temps. Puis l’habitude s’installe. Les trajets deviennent des sorties. Les sorties deviennent des heures dehors. Et, sans s’en rendre compte, une base d’endurance se construit, à coups de “juste une boucle de plus” 🙂.
Ce qui frappe dans son histoire, c’est le contraste entre la simplicité du départ et l’ampleur des défis ensuite. En moins d’un an, Clara bascule vers des formats longs. Semi-marathon, marathon, puis Ironman. Dans ce parcours, le vélo n’est plus un outil de déplacement. Il devient une pièce centrale d’un puzzle d’endurance. Et au bout : L’Étape du Tour 2024, puis aussi la version féminine organisée avec Zwift. Deux rendez-vous proches, mais deux atmosphères, et deux apprentissages.
Zwift prend alors une place logique. Pas comme un gadget, ni comme un passage obligé “à la mode”. Plutôt comme une solution concrète à un problème banal : comment s’entraîner quand la météo se dégrade, quand les semaines sont chargées, ou quand la sortie dehors finit en bataille contre le vent ? Sur home trainer, la séance démarre vite. Les intensités sont cadrées. Et surtout, la régularité devient plus simple à tenir. C’est souvent là que se joue la progression 🚴♀️.
Le point clé, c’est que Clara n’entre pas dans l’entraînement par la porte la plus technique. Pas de course à l’équipement, pas d’obsession du chiffre pour briller au café. Son approche reste très “corps d’abord”. Elle avance par essais, par sensations, par ajustements. Et quand la structure arrive, elle sert un but clair : aller au bout, sans se dégoûter.
Pourquoi Zwift colle bien à une progression rapide
Un débutant motivé progresse vite. Le piège, c’est de confondre vitesse de progression et invincibilité. Zwift peut canaliser cet élan. La plateforme aide à doser. Une séance “tempo” reste tempo, même si l’ego réclame plus. Une séance courte reste courte, même si la tête veut “rentabiliser” la soirée.
Un autre avantage tient à la répétition. Dehors, un col n’est jamais identique. Le trafic, les arrêts, la pente qui change, tout brouille les repères. Sur Zwift, une côte virtuelle devient un laboratoire. Clara peut refaire une montée, observer ses réactions, et caler une allure qu’elle saura retrouver sur une vraie route. Cette capacité à répéter sans friction, c’est un accélérateur discret, mais puissant ⚙️.
Pour ancrer ce fil conducteur, une scène revient souvent chez les cyclistes qui préparent une cyclosportive : appelons-le “Nico”, ami de club, qui veut aussi faire l’Étape. Lui adore rouler dehors, mais il saute les séances dès qu’il pleut. Clara, elle, lance Zwift. Trois fois par semaine, même 45 minutes. Deux mois plus tard, Nico a fait quelques grandes sorties, mais irrégulières. Clara a moins de kilomètres “instagrammables”, mais une constance qui fait la différence. L’insight est simple : la régularité bat l’héroïsme.
Planifier l’entraînement Zwift pour L’Étape du Tour : endurance, force, et lucidité
Préparer L’Étape du Tour demande un socle : du temps à intensité modérée. Sur Zwift, ce socle se travaille sans se poser mille questions. Une séance d’endurance ressemble à une promenade contrôlée. Le souffle reste facile. Les jambes chauffent, mais ne brûlent pas. C’est moins spectaculaire qu’un sprint, mais c’est ce qui rend une longue montée gérable, surtout quand elle arrive après plusieurs heures 😅.
Ensuite vient la force spécifique. Beaucoup de participants découvrent trop tard que grimper, ce n’est pas “juste” être endurant. C’est aussi pousser longtemps à faible cadence. Sur home trainer, Clara peut caler des blocs de 6 à 10 minutes en côte virtuelle, avec une cadence volontairement basse. L’objectif n’est pas de se faire mal. L’objectif est d’apprendre à tenir un effort continu sans se crisper.
L’Étape, c’est aussi la gestion de l’intensité. Trop vite au départ, et le prix tombe plus tard. Zwift aide à sentir ces limites. Une séance type peut mélanger : échauffement, blocs au seuil, retour au calme. Le corps apprend les transitions. C’est utile dans un col où la pente change et où l’on passe de “ça va” à “ça pique” en deux virages.
Exemple de semaine Zwift inspirée d’une préparation réaliste
Une semaine cohérente n’a pas besoin d’être compliquée. Elle doit être tenable. Elle doit laisser de la place à la vie, au sommeil, et à la récupération. Voici un exemple concret, dans l’esprit d’une cycliste qui vise finir l’Étape en gardant le sourire 🙂.
- 🟢 Mardi : 45-60 min d’endurance, cadence souple, objectif “facile”.
- 🟠 Jeudi : 60 min avec 3 x 8 min en côte, cadence 60-70 tr/min, récupération égale.
- 🔵 Samedi : 75-90 min “tempo” progressif, sans finir à bloc.
- 🟣 Dimanche : sortie dehors si possible, sinon 90 min endurance sur Zwift, nutrition testée.
Le détail qui change tout : le test nutrition. Sur home trainer, la chaleur fait transpirer plus. C’est donc un bon terrain d’essai. Boire assez, manger tôt, vérifier ce qui passe bien. Le jour J, ce ne sont pas que les jambes qui lâchent. C’est souvent l’estomac 🤝.
Le fil rouge, c’est la lucidité. Clara ne cherche pas à tout optimiser. Elle cherche à comprendre ce qui la fait tenir longtemps. Et ça, c’est déjà une approche de cyclosportif averti.
Pour visualiser la logique, un tableau simple aide à relier séance et effet attendu.
| Type de séance 🧩 | Objectif 🎯 | Signe que c’est bien dosé ✅ |
|---|---|---|
| Endurance (45-90 min) 🟢 | Construire le “moteur” | Conversation possible, jambes fraîches le lendemain |
| Côte force (blocs 6-10 min) 🟠 | Tenir la pente sans se crisper | Effort dur mais contrôlé, pas d’explosion finale |
| Tempo progressif 🔵 | Stabiliser une allure “longue” | Dernières minutes exigeantes, mais pas de dérive totale |
| Récupération (30-45 min) 💤 | Absorber la charge | Sensation de tourner les jambes, envie de repartir |
La suite logique, c’est de passer du plan au réel : équipement, braquets, et petites erreurs qui coûtent cher en montagne.
Zwift, braquets et leçon de terrain : quand la cassette devient un sujet sérieux
Il y a un moment où la théorie rencontre la pente. Et là, chaque détail compte. Clara a vécu un classique de l’Étape : se retrouver face à un col exigeant avec un braquet pas adapté. Sur le papier, “ça passe”. En vrai, quand la fatigue s’installe et que la pluie s’invite, “ça passe” devient “ça casse” 🥶.
Dans son expérience, un col comme la Madeleine n’est pas seulement une montée. C’est un bloc long, régulier, qui laisse peu de répit. Avec une cassette trop courte, la cadence s’effondre. Les muscles se raidissent. Le dos tire. Et la tête commence à négocier. Clara a mis plus de deux heures et demie pour franchir ce col, sous la pluie, avec des douleurs bien réelles. C’est le genre de souvenir qui marque, mais qui éduque vite.
Zwift peut prévenir une partie de ce piège. Comment ? En simulant des efforts longs à faible cadence, mais aussi en forçant à réfléchir au braquet. Quand une séance en côte devient “impossible” sans exploser le cardio, ce n’est pas un signe de faiblesse. C’est parfois juste un rapport trop gros, ou une gestion mal calée.
Exemple concret : régler l’effort avant de régler le matériel
Un cycliste amateur a souvent le réflexe inverse : changer une pièce, puis espérer que ça ira mieux. Dans le cas de Clara, l’apprentissage passe par l’écoute. Si la cadence chute sous 60 tr/min trop souvent, la fatigue musculaire monte. Et sur une cyclosportive, cette fatigue se paie sur les derniers kilomètres.
Un scénario simple aide à comprendre. Sur Zwift, Clara se cale sur une montée virtuelle de 40 minutes. Elle vise une allure “tenable”. Au bout de 15 minutes, elle se rend compte que la cadence est trop basse. Elle force. Les quadriceps chauffent. Dans ce cas, deux options existent : baisser l’intensité, ou prévoir un braquet plus facile dehors. L’idée n’est pas d’avoir “le bon vélo”. L’idée est d’avoir le bon rythme et de ne pas se mettre dans le rouge sans raison.
Le même raisonnement vaut pour la pluie. Sur home trainer, la météo ne gêne pas. Mais on peut simuler la contrainte mentale. Par exemple : garder la séance même quand l’envie est faible. Tenir 60 minutes propres, sans se raconter d’histoire. Le jour de l’Étape, cette discipline devient une alliée. Quand Clara a pensé mettre pied à terre, elle a eu un réflexe lucide : si elle descend, elle risque de ne pas remonter. Cette petite phrase résume la montagne : tout est plus simple tant que la roue tourne 🔁.
Ce passage par le concret amène naturellement à un autre point : l’ambiance, le regard des autres, et la place que prend le cyclisme féminin dans ces événements.
L’Étape du Tour classique vs L’Étape du Tour Femmes avec Zwift : deux ambiances, deux énergies
Clara a vécu deux versions de l’Étape. Et la comparaison est parlante. Sur la version “classique”, le peloton est souvent plus tendu. Beaucoup viennent pour un temps. Certains roulent comme si la médaille était un contrat pro. Cette pression se sent dans les sas, dans les dépassements, dans la manière de parler matériel. Cela ne veut pas dire que l’ambiance est mauvaise. Cela veut dire qu’elle est orientée performance 🏁.
Sur l’épreuve féminine associée à Zwift, le ton change. Plus de sourires. Plus d’entraide. Moins de posture. Clara dit s’y être sentie à sa place. Ce sentiment compte. Il influence la manière de gérer l’effort. Quand l’ambiance pousse à finir ensemble, on se crispe moins. Quand on se crispe moins, on mange mieux, on boit mieux, on grimpe mieux. La physiologie rejoint le social, ce qui est assez ironique pour un sport réputé individualiste.
Ce contraste raconte aussi une évolution plus large du cyclisme amateur en France. Depuis quelques années, le vélo féminin gagne en visibilité. Les sorties entre amies se multiplient. Les clubs s’adaptent. Les réseaux sociaux jouent un rôle. Clara y publie, et son contenu parle à des femmes qui n’osaient pas. Pas besoin d’être “une grimpeuse”. Il suffit de commencer, puis de construire.
Une histoire d’amie et de voiture balai : la peur, et la fierté
Un exemple résume bien l’esprit. Une amie de Clara s’inscrit avec peu de mois de pratique. Erreur d’aiguillage : elle se retrouve sur le grand parcours. Derrière, la voiture balai. Devant, la montagne. La situation a tout d’un cauchemar. Pourtant, elle s’accroche. Elle termine presque tout. Ce “presque” vaut cher. Il devient une preuve intime : le corps suit souvent mieux que la tête.
Dans cette dynamique, Zwift agit comme un sas. On peut y tester l’effort sans jugement. On peut y faire une séance courte un soir de fatigue. On peut y remettre du vélo dans une semaine déjà pleine. Et, petit à petit, la confiance monte. Pas une confiance “marketing”. Une confiance basée sur des heures accumulées, et sur des petites victoires répétées 🔧.
Le point final de cette section tient en une idée simple : l’ambiance change la façon de pédaler, et donc la façon de vivre L’Étape.
Reste une dernière pièce : l’approche sans obsession du chiffre, et la manière d’utiliser Zwift sans se faire aspirer par le tout-mesure.
S’entraîner sur Zwift sans se perdre dans les chiffres : l’approche “sensations d’abord” de Clara Pichon
Le cyclisme moderne adore mesurer. Puissance, fréquence cardiaque, charge d’entraînement, courbes, couleurs. Tout cela peut aider, mais tout cela peut aussi étouffer. Clara vient d’un endroit différent. Elle a commencé sans montre, sans capteur, sans plan figé. Son moteur, c’était l’envie, puis le goût de l’effort long. Cette base-là ne s’achète pas, et elle ne se télécharge pas 📌.
Zwift peut rester compatible avec cette philosophie. Il suffit de choisir comment l’utiliser. Une séance peut se faire “à l’écran” sans être “au service de l’écran”. L’objectif n’est pas de battre un record chaque semaine. L’objectif est de répéter des gestes, de se connaître, et de garder l’élan. Une cyclosportive comme L’Étape du Tour se gagne souvent sur un terrain discret : l’allure stable, l’alimentation, la capacité à ne pas paniquer quand ça devient dur.
Cas pratique : transformer une séance Zwift en apprentissage utile
Voici une situation classique. Clara lance une sortie en groupe virtuel. L’allure est soutenue. À mi-séance, les jambes piquent. Plutôt que d’insister pour “tenir le paquet”, elle baisse d’un cran. Ce choix semble banal. Il est pourtant très formateur. Il apprend à lâcher prise sur le regard des autres. Même virtuel. Et il apprend à se respecter, ce qui est souvent la clé pour durer.
Autre apprentissage : la gestion de la chaleur. Sur home trainer, la transpiration grimpe vite. Sans ventilateur, la fréquence cardiaque monte à effort égal. Beaucoup croient être “moins en forme”. En réalité, ils surchauffent. Clara peut donc instaurer un rituel : serviette, boisson à portée, ventilation, et départ doux. Rien de glamour. Mais le jour où la route tape sous le soleil, ce savoir-faire devient une arme ☀️.
Pour rendre l’approche concrète, quelques repères simples suffisent, sans transformer chaque sortie en examen :
- 🧠 Avant : définir une intention unique (endurance, côtes, récupération).
- 🥤 Pendant : boire dès les 10-15 premières minutes, même sans soif.
- 🍌 Après : noter une seule chose (ce qui a marché, ou ce qui a coincé).
- 🛠️ Chaque semaine : garder une séance facile, vraiment facile.
Ce cadre garde l’entraînement vivant. Il évite l’obsession. Et il construit un corps capable d’encaisser les heures de selle. Clara a montré qu’une progression rapide reste possible, même en partant tard. La condition, c’est de rester en mouvement, d’accepter les erreurs, et d’utiliser Zwift comme un outil au service d’un projet humain ❤️.
La transition naturelle mène vers la route : quand l’écran s’éteint, il reste la montagne, et cette question simple : est-ce que l’allure choisie respecte vraiment la journée entière ?

Ancien coureur régional FFC devenu journaliste spécialisé cyclisme depuis 2014. Plus de 12 000 km au compteur par an, le nez dans les cols savoyards et les classiques flandriennes.
3 commentaires
La régularité fait la différence, même sur home trainer. Après, faut pas oublier de sortir quand même.
Pensez à graisser la chaîne après les séances Zwift, la transpiration oxyde tout.
Zwift offre un cadrage précis de l’intensité, idéal pour construire une base solide.