À Rennes, une ressourcerie sportive récupère jusqu’à 400 kg de matériel chaque semaine pour lui donner une seconde vie

À Rennes, une ressourcerie sportive récupère jusqu’à 400 kg de matériel chaque semaine pour lui donner une seconde vie

À Rennes, la ressourcerie sportive L’Équipière collecte chaque semaine entre 300 et 400 kg de matériel. L’objectif ? Donner une seconde vie aux équipements, réduire le gaspillage et rendre le sport accessible à tous. Depuis cinq ans, l’association installée aux Halles en Commun, dans le quartier de La Courrouze, est devenue une véritable caverne d’Ali Baba pour les amateurs de vélo, de foot, de raquettes ou de sports nautiques.

Le concept séduit. En 2025, L’Équipière a récupéré 19 tonnes d’articles, et 80 % de ces dons ont été revalorisés. Un modèle qui prouve que le réemploi sportif a de l’avenir, au point de s’apprêter à essaimer à Vannes.

L’Équipière, une ressourcerie sportive pas comme les autres à Rennes

Ouvrir une boutique solidaire consacrée uniquement au sport, c’était un pari osé. L’Équipière l’a relevé en 2020, portée par une équipe qui refuse de voir partir à la déchetterie des articles encore parfaitement utilisables. Le constat de départ est simple : le sport coûte cher, et le gaspillage est massif. Chaque année, près de 110 000 tonnes d’équipements sportifs sont jetées en France.

Dans la boutique des Halles en Commun, les rayons racontent une autre histoire. Des vélos de route suspendus au mur côtoient des paires de ski, des maillots de foot, des raquettes de tennis ou des haltères. Tout est trié, vérifié, parfois réparé, puis vendu à petits prix. Le but n’est pas seulement de faire des bonnes affaires. L’association veut montrer qu’on peut s’équiper correctement sans débourser des sommes folles, tout en adoptant une démarche écologique.

Elise Chauvel, responsable de la vie associative et de la communication, résume la philosophie du lieu : « Le sport reste très coûteux en France, et beaucoup de matériel est jeté. L’Équipière est née de ça : rendre accessible le sport et l’aventure à tout type de porte-monnaie. Et en plus, c’est de la seconde main. » Un discours qui porte, puisque la structure emploie aujourd’hui six personnes et ne désemplit pas.

La seconde vie du sport en chiffres
  • 80 %
    de matériel revalorisé
    sur les dons reçus en 2025
  • 19 t
    collectées en 2025
    sur toute l'année
  • 300-400 kg
    par semaine
    arrivent à la ressourcerie
  • 110 000 t
    jetées chaque année en France
    d'équipements sportifs

300 à 400 kilos de matériel sportif collectés chaque semaine

La force de L’Équipière réside dans son réseau de collecte. Les particuliers apportent leurs dons, mais les clubs sportifs jouent aussi le jeu. Les piscines donnent des masques et des tubas oubliés dans les vestiaires. Les salles d’escalade confient des gourdes abandonnées. Résultat : entre 300 et 400 kilos de matériel arrivent chaque semaine à la ressourcerie sportive rennaise.

Les dons sont également récupérés directement en déchèterie, un partenariat précieux pour capter un flux constant d’articles. Le tout est ensuite trié par discipline. Les équipes vérifient l’état de chaque pièce, nettoient, retapent, et mettent de côté ce qui peut repartir en boutique.

La seule condition pour donner ? Que le matériel soit en bon état. Une petite tâche ne fait pas peur. Comme le rappelle Elise Chauvel, « ce n’est pas parce que tu n’as pas le dernier maillot à 50 euros que tu ne peux pas faire de football ». Chez L’Équipière, une tenue complète pour jouer au foot se trouve à partir de 15 ou 20 euros.

Le recyclage au service du sport : un modèle économique qui tourne

L’Équipière ne se contente pas de collecter et de revendre. L’association mène un véritable travail de valorisation, avec une exigence : seulement 20 % des articles reçus sont écartés, généralement parce qu’ils sont trop abîmés ou impossibles à remettre en état. Tout le reste retrouve une utilité, soit en rayon, soit dans des stocks pour des événements ou des projets solidaires.

Ce chiffre de 80 % de réemploi est rare dans le secteur. Il tient à une organisation rigoureuse et à une équipe passionnée, capable de réparer un dérailleur, de remplacer une semelle ou de retendre un filet de badminton. Chaque objet est examiné avec soin avant de trouver preneur. Cette attention au détail contribue à la réputation de la ressourcerie, devenue une référence en Bretagne pour le matériel sportif de seconde main.

Le succès se mesure aussi en boutique. Les journées d’affluence se multiplient, et les clients viennent parfois de loin pour chiner la bonne pièce. Les parents équipent leurs enfants à moindre coût, les étudiants trouvent leur premier vélo de ville, les sportifs confirmés dénichent des pièces rares. Cette mixité des profils fait la richesse du lieu.

Une liste des objets les plus recherchés à la ressourcerie

Certains articles partent vite. En voici une liste non exhaustive, mais révélatrice des tendances observées à Rennes :

  • 🚴 Vélos et accessoires : casques, lumières, antivols, paniers, chambres à air.
  • 🎾 Sports de raquettes : raquettes de tennis, badminton, padel, balles et volants.
  • 🏊 Natation : maillots, lunettes, bonnets, planches et palmes.
  • Sports collectifs : maillots de foot, basket, rugby, chaussures à crampons.
  • 🏔️ Montagne et escalade : baudriers, cordes, mousquetons, gourdes.
  • 🏋️ Fitness : haltères, élastiques, tapis, vêtements techniques.

Ces articles trouvent leur place dans les rayons à prix solidaires, souvent trois fois moins chers que le neuf. Le stock évolue en permanence, ce qui fidélise une clientèle de chineurs. La ressourcerie sportive devient une habitude pour les Rennais soucieux de consommer autrement.

L’essor du réemploi sportif en Bretagne : bientôt une antenne à Vannes

Après cinq ans d’existence, le modèle de L’Équipière a fait ses preuves. L’équipe rennaise regarde désormais vers le sud de la Bretagne. Une nouvelle ressourcerie sportive va bientôt ouvrir à Vannes, portée par deux jeunes entrepreneurs, Louane et Enzo. L’idée est d’y décliner la même recette, avec une coloration locale.

Vannes étant proche de l’océan, l’offre sera naturellement orientée vers les sports nautiques. Combinaisons de surf, planches à voile, paddles, gilets de sauvetage, matériel de pêche : tout ce qui concerne le bord de mer aura la part belle. Le projet en est encore à la recherche de locaux, mais il bénéficie déjà du soutien de l’association rennaise.

Ce développement montre que la durabilité dans le sport n’est plus une simple tendance. Le réemploi s’installe dans les habitudes et séduit aussi les collectivités, de plus en plus demandeuses de solutions pour réduire les déchets de leurs équipements sportifs.

Un modèle qui inspire d’autres territoires

La réussite de L’Équipière attire l’attention. D’autres projets de ressourcerie sportive émergent, et l’équipe rennaise se dit ouverte à partager son expérience. L’objectif n’est pas de multiplier les boutiques sans réfléchir, mais d’essaimer sur des bases solides, avec des porteurs de projet locaux et investis.

Pour le cycliste amateur qui prépare l’Étape du Tour ou le citadin qui cherche un vélo d’appartement, ces initiatives changent la donne. Elles prouvent qu’un équipement de qualité peut avoir une seconde vie, à condition de le collecter, de le réparer et de le remettre en circulation. Une démarche à la fois économique, sociale et écologique.

Et si le mouvement s’étendait plus loin ? Le terreau semble favorable. Les consciences évoluent, le prix des équipements neufs continue d’augmenter et la demande en matériel d’occasion explose. L’Équipière, avec sa collecte hebdomadaire de 300 à 400 kg, ne compte pas s’arrêter là. Rennes a servi de laboratoire ; le reste de la Bretagne pourrait bien suivre le mouvement.

Les vraies questions sur la ressourcerie

Est-ce que je peux donner mon vieux vélo ?

Tout à fait, s'il est en bon état. Une petite tâche ne dérange pas, mais il doit rester utilisable.

Où se trouve L'Équipière ?

Elle se trouve aux Halles en Commun, dans le quartier de La Courrouze à Rennes.

Ça coûte combien pour s'équiper en foot ?

Une tenue complète démarre autour de 15 à 20 euros.

Est-ce que les clubs sportifs peuvent donner leur matériel ?

Les clubs donnent aussi. Les piscines laissent masques et tubas oubliés, les salles d'escalade confient des gourdes abandonnées.

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